Le scorbut existe toujours et réapparaît chez des populations vulnérables : enfants à alimentation très sélective ou familles touchées par la précarité peuvent développer une carence en vitamine C conduisant à des symptômes sévères, mais une alimentation riche en fruits et légumes ou une supplémentation médicale corrige généralement la situation en quelques semaines.
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TogglePourquoi parle-t-on à nouveau de scorbut aujourd’hui ?
Depuis quelques années des équipes hospitalières observent des cas cliniques loin des images historiques de marins: entre 2015 et 2023, une étude française a recensé 888 enfants hospitalisés pour scorbut, avec un âge médian de 11 ans. Après le début de la pandémie, l’incidence des hospitalisations a augmenté de façon nette, traduisant des effets combinés de la précarité, de l’inflation alimentaire et de pratiques alimentaires appauvries.

Quels signes doivent alerter chez un enfant ?
Les manifestations peuvent être subtiles au départ puis devenir frustes et inquiétantes. Les médecins rapportent souvent de la fatigue persistante, des douleurs articulaires, des saignements de gencives ou une cicatrisation qui se détériore. Ces symptômes sont faciles à confondre avec d’autres maladies, ce qui retarde parfois le diagnostic.
- Saignements ou gonflement des gencives
- Douleurs musculaires et articulaires inexpliquées
- Faiblesse, perte d’appétit et perte de poids
- Ecchymoses ou plaies qui s’infectent ou ne cicatrisent pas
- Comportement alimentaire très limité ou aversion aux fruits et légumes
Qui est le plus exposé à une carence en vitamine C ?
Plusieurs profils reviennent dans la littérature et l’expérience clinique : enfants présentant des troubles du comportement alimentaire, personnes âgées isolées, individus souffrant de malabsorption ou de pathologies digestives, fumeurs, femmes enceintes ou allaitantes, et ceux dont l’assiette repose majoritairement sur des produits ultratransformés. L’étude française note aussi une prévalence plus forte chez les 5–10 ans et chez les filles, et signale qu’environ un quart des jeunes hospitalisés souffraient de malnutrition sévère.
Peut-on se protéger simplement avec l’alimentation ?
Oui, la prévention repose avant tout sur l’alimentation. Une portion quotidienne de fruits ou de légumes frais — par exemple un kiwi, une orange, un poivron ou du brocoli — apporte déjà une quantité significative de vitamine C. Les recommandations nutritionnelles nationales situent l’apport conseillé autour de 110 mg par jour pour couvrir la quasi-totalité des besoins chez l’adulte en bonne santé, ce qui est accessible via une alimentation variée.

Que faire si le scorbut est suspecté ?
Si vous observez des signes évocateurs chez un enfant ou un adulte vulnérable, consultez un professionnel de santé. Le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, la mesure du taux sanguin de vitamine C. En cas de carence avérée, une supplémentation prescrite et adaptée par un médecin permet généralement une amélioration rapide en quelques semaines. L’exemple tragique rapporté en Australie rappelle un piège fréquent : certains compléments ou multivitamines ne contiennent pas forcément de vitamine C malgré leur nom, d’où l’importance d’une prescription ciblée et d’un suivi médical.
Erreurs fréquentes et précautions utiles
Trois erreurs reviennent souvent dans la pratique courante : considérer le scorbut comme une maladie impossible aujourd’hui, croire qu’un multivitamine générique remplace une correction médicale, et attendre que les symptômes s’aggravent avant de consulter. En contexte de précarité, privilégier des fruits et légumes peu coûteux et durables (citrons, oranges, choux, poivrons selon saison) peut aider à réduire le risque. Si l’alimentation reste insuffisante, discutez avec votre médecin de la nécessité d’une supplémentation surveillée.
Observations pratiques des cliniciens
Les services pédiatriques et les médecins de terrain signalent que les cas sévères sont rares mais évitables. Le suivi nutritionnel des enfants à alimentation restreinte, l’éducation des familles sur des choix alimentaires simples et la vigilance des équipes médicales quand apparaissent des symptômes non spécifiques sont essentiels pour dépister et traiter rapidement cette carence qui, malgré son image historique, est toujours d’actualité.
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Experte en nutrition et bien-être, Emma aide ses lecteurs à adopter un mode de vie sain en partageant ses conseils diététiques et des astuces bien-être.