La vaccination HPV chez les garçons est recommandée car elle prévient non seulement les condylomes mais aussi plusieurs cancers liés au papillomavirus chez l’homme, notamment des tumeurs ORL, anales et, plus rarement, du pénis. Le vaccin nonavalent (Gardasil 9) utilisé en France offre une protection contre les principaux types de HPV impliqués dans ces maladies et son profil de sécurité est bien documenté.
Sommaire
TogglePourquoi le HPV concerne aussi les hommes
Le papillomavirus ne se limite pas au col de l’utérus. À mesure que les cancers dus au tabac et à l’alcool diminuent, la part des cancers ORL attribuables au HPV augmente chez les deux sexes. En France, plusieurs milliers de cancers annuels sont liés aux HPV et environ un quart touche des hommes, ce qui justifie d’élargir la protection au-delà des seules filles.
Quels types de cancers et d’affections le vaccin peut-il empêcher ?
Chez l’homme, le HPV est associé principalement à des cancers de la tête et du cou, en particulier ceux de la base de la langue et de l’oropharynx. Le virus joue aussi un rôle important dans les cancers de l’anus, surtout chez certains groupes à risque comme les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes immunodéprimées, et plus rarement dans des cancers du pénis. En dehors du cancer, le HPV cause fréquemment des condylomes génitaux, une infection bénigne mais très répandue et gênante.

Quelle est l’efficacité du vaccin chez les garçons et quelles sont les limites des preuves ?
Les études initiales ont principalement mesuré la prévention du cancer du col chez la femme, d’où la mise en œuvre précoce chez les filles. Les preuves se renforcent aujourd’hui concernant la prévention des infections à HPV et, indirectement, des lésions précancéreuses chez l’homme. Pour les cancers ORL attribuables au papillomavirus, les résultats sont prometteurs mais les grandes cohortes de suivi à long terme manquent encore, ce qui rend les estimations définitives plus prudentes. Le rattrapage vaccinal est possible jusqu’à l’âge de 26 ans pour les personnes non vaccinées à l’adolescence.
Freins à la vaccination et conseils pratiques pour les familles
Plusieurs obstacles ralentissent la couverture vaccinale masculine : une perception encore très féminine du HPV, des propositions médicales irrégulières et des doutes sur la sécurité. Informer clairement les familles et les soignants est essentiel pour lever ces freins.

- Vérifiez l’éligibilité et le calendrier vaccinal auprès de votre médecin ou du centre de vaccination.
- Demandez si un rattrapage est possible si la vaccination n’a pas eu lieu à l’adolescence (rattrapage jusqu’à 26 ans).
- Privilégiez le vaccin recommandé en France aujourd’hui, qui est le Gardasil 9.
- Profitez des campagnes scolaires et de la proposition en classe de 5ème pour simplifier l’accès.
Que sait-on de la sécurité du vaccin ?
Les données de pharmacovigilance accumulées montrent un profil de sécurité comparable chez les hommes et les femmes. À l’échelle mondiale, plusieurs centaines de millions de doses ont été administrées et les autorités sanitaires françaises n’ont pas identifié de nouveau risque majeur dans les bilans récents. Les effets indésirables les plus rapportés sont locaux (douleur, rougeur), accompagnés parfois de maux de tête, de fatigue ou de nausées, et de rares malaises transitoires, d’où la recommandation d’une surveillance de courte durée après injection.
Comment la politique vaccinale protège la population ?
Vacciner les garçons apporte une protection directe aux personnes vaccinées et renforce l’immunité collective, réduisant la circulation des types oncogènes du virus. Plus la couverture est élevée chez les deux sexes, plus l’effet de protection à l’échelle de la population sera important et durable.
FAQ
À quel âge faut-il vacciner un garçon ?
La vaccination est idéalement réalisée à l’adolescence avant les premiers contacts sexuels, avec une offre systématique proposée en classe de 5ᵉ en France; un rattrapage est possible jusqu’à 26 ans pour les personnes non vaccinées auparavant.
Le vaccin est-il sûr pour les hommes ?
Oui, les données montrent un profil de sécurité similaire à celui observé chez les femmes. Les effets indésirables courants sont bénins et temporaires et la surveillance post‑vaccinale continue d’être effectuée par les autorités sanitaires.
Le vaccin protège-t-il contre tous les HPV responsables de cancers ?
Non, le Gardasil 9 protège contre neuf types de HPV, dont les principaux liés aux cancers (notamment 16 et 18) et contre les types responsables de condylomes (6 et 11), mais il n’élimine pas tous les types existants; la vaccination réduit fortement le risque mais ne remplace pas le suivi médical si nécessaire.
Articles similaires
- Vaccination HPV jusqu’à 26 ans : le rattrapage méconnu
- Vaccination du nourrisson : pourquoi commencer à 2 mois ?
- Vaccination chez le senior polymédiqué : quand et comment adapter
- Alimentation et efficacité des vaccins : ce que dit la science
- Maladies infectieuses : reconnaître, traiter et prévenir

Experte en nutrition et bien-être, Emma aide ses lecteurs à adopter un mode de vie sain en partageant ses conseils diététiques et des astuces bien-être.